Le jour 1 à Couillard

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Election 2014

La première journée de cette campagne électorale appartient clairement au chef du PLQ.  Il y a longtemps qu’on avait vu Monsieur Couillard aussi agressif, incisif , enfin bagarreur et déterminé. Comme s’il préparait cette journée depuis toujours. Phrases courtes, punchées, Sans trop prononcer son malheureux slogan sur les VA (les vraies affaires), il a réussi à camper les grands thèmes de sa campagne: l’économie, la santé, l’éducation, l’unité, qu’il a, bien sur, opposée aux divisions crées par le projet de charte des valeurs et l’inévitable referendum du PQ.  Hier midi, on retrouvait un peu le Couillard des beaux jours, le ministre fougueux qui connut beaucoup de succès à l’Assemblée nationale avant de quitter pour des pâturages plus lucratifs il y a quelques années.  Les Libéraux doivent aujourd’hui pousser un soupir de soulagement.

Lent, très lent et oh combien prudent départ chez le PQ. Mise en scène chorégraphiée au quart de tour, télésouffleur, texte terne à en oublier la date de l’élection, trois petits tours et la première ministre, tout sourire, avait retrouvé son cocon, cet autobus marque d’un slogan original (ça en fera un dans cette campagne), bien à l’abri des questions embarrassantes des journalistes. Madame Marois n’a pas caché que la campagne qui s’engage allait porter sur la charte. Pas de surprise là: toute l’action de son gouvernement, Drainville et Lisée en tête, ne portant que là-dessus depuis septembre dernier, n’en pas parler eut constitué de l’escroquerie.  Mais il en va tout autrement de la question du referendum et de la souveraineté: aussi absente du discours que celle d’une augmentation des impôts.

Disant mener la campagne de sa vie, le chef de la CAQ a connu une journée difficile. D’abord en perdant in extremis Hélène Daneault, sa député critique en matière de santé, puis en prenant connaissance du sondage Léger qui lui accordait 15% des intentions de votes. Homme des formules heureuses, des phrases choc, François Legault devra puiser dans son imagination au cours des 33  jours qui viennent s’il veut espérer sauver les meubles.  Malheureusement, son appel  »au beau risque’ sonne tout aussi creux que grandiloquent.  Il est surtout à des générations lumières de celui de René Lévesque.

Madame Françoise David, de QS, entraînée bien malgré elle dans  des histoire de repas de Noêl depuis dimanche dernier,  a répondu aux questions des journalistes avec la dignité et le sérieux qu’on lui connait, n’hésitant pas , comme il se doit quand on a la brise dans la voile, à parler de catastrophe et de reculs chez ceux qui nous gouvernent.

Publié par

Homme politique à la retraite active, analyste et commentateur, toujours passionné d'affaires publiques, de lecture et de musique. Auteur de DE LA CRISE D'OCTOBRE AU PRINTEMPS ÉRABLE, Québec Amérique 2015

One thought on “Le jour 1 à Couillard”

  1. Daniel Beaudin dit :

    Je retiens surtout de M.Couillard en cette première journée de campagne qu’il a adressé la question de la séparation du Québec à Mme Marois. Si cette lancée est le reflet de la stratégie que les libéraux ont décidé d’adopter pour la campagne, c’est de bonne augure pour eux.

    Depuis 2012, le voilier du PQ a navigué sur une mer très calme alors que son capitaine a choisi comme tracé la charte de la laïcité pour mener son équipage à bon port. L’économie instable, la grogne des anglophones face à la loi 101, l’incertitude politique face à l’éventuelle souveraineté et la division des Québécois crée par ladite charte, font que Pauline Marois n’a pas beaucoup de marge de manœuvre dans cette élection. Elle ne peut espérer gagner que si il y a un effet d’entrainement créé par l’appui à la charte lorsque que les électeurs seront dans l’urne.

    À chaque élection, on fait état de l’importance du vote francophone au Québec. Selon les données des derniers sondages, celui-ci irait à 45% pour le PQ, un sommet. Il y lieu de penser qu’il y a une corrélation entre ce chiffre et l’engouement pour la charte de la laïcité qui a rallié l’esprit nationaliste des Québécois. Cependant, l’appui pour la souveraineté n’a guère évolué durant la même période, il titube à 38% et c’est là la carte maitresse de Philippe Couillard.

    Il doit amener Pauline Marois à se commettre sur un éventuel référendum. Son engagement à créer un livre blanc sur la question nationale durant son prochain mandat est une tentative d’escamoter la vraie question. Si elle devait céder et donner une réponse quand à la tenue d’un référendum durant la campagne, l’avantage serait alors dans le camp des libéraux pour de bon.

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