Bien petite journée…

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Élection 2015

Campagne 2015 Jour 1

Pour ne rien vous cacher, je remettrais bien de quelques jours mon engagement à renouer avec mon blogue aujourd’hui! Comme beaucoup d’entre vous, amis lecteurs, je n’ai pas (encore) la tête à la politique et surtout pas à la campagne électorale entreprise hier par Stephan Harper, suivi des autres chefs qui n’avaient guère le choix.

Rêvant depuis toujours de faire du Canada, sinon le 51e état des États-Unis, du moins de le transformer à l’image des plus conservateurs des républicains, notre premier ministre s’est amené hier à Rideau Hall entouré de ses gardes du corps, de son cortège ridicule de voitures SUV et de ses phrases ronflantes sur les menaces qui guettent le pays, sur l’état de son économie et surtout sur la responsabilité qui incomberait aux partis d’opposition dans le déclenchement d’une campagne scandaleusement longe. Un scénario usé qui laisserait indifférent si son objectif visait autre chose que l’appauvrissement des partis d’opposition bien incapables de soutenir financièrement une campagne de près 80 jours et l’indifférence de la population, tout occupée à prendre ses vacances et à jouir des beaux jours de l’été.

Stéphan Harper prend ses concitoyens pour des demeurés en affirmant le plus sérieusement du monde qu’il se lance dès maintenant en élection puisque les « autres » occupent le terrain depuis des mois. Il oublie commodément les millions, sinon les milliards de dollars qu’il fait pleuvoir sur la population depuis le début de l’année et les dizaines d’annonces de réalisations ou d’engagement dont ses ministres se font les porte-paroles depuis le début de l’été.

Thomas Mulcair a commis une bévue monumentale en refusant, contrairement à son habitude, de répondre aux questions des journalistes. Il a pris un très gros risque en pensant, lui aussi, que les électeurs auront vite oublié les premiers moments de cette campagne quand viendra le temps, début septembre, de passer « aux vraies affaires ». Qu’importe, on attendait mieux du bagarreur qui acculait Stephan Harper sans les câbles lors de la période des questions à la Chambre des Communes. Hier, le chef du NPD avait l’air ampoulé, débitant nerveusement un discours au demeurant fort bien rédigé. S’il est vrai qu’il n’a plus la liberté de son prédécesseur Jack Layton, dont les ambitions électorales étaient modestes, il n’en reste pas moins que celui qui aspire à occuper le 24 Sussex Drive à compter du 20 octobre, devra rapidement retrouver sa combativité.

Devant stopper sa dramatique descente aux enfers, Justin Trudeau, sans doute inspiré par le nombre de partisans que son organisation a réussi à mobiliser, a signé la performance de la journée. Rien d’extraordinaire, mais du solide, une rareté dans son cas. Il s’est correctement positionné comme le défenseur de la classe moyenne en faisant savoir aux Conservateurs qu’ils n’avaient pas l’apanage de la réussite économique et au NPD qu’il pouvait débattre aussi bien, sinon mieux que Thomas Mulcair. Une journée ne faisant jamais une campagne, surtout quand celle-ci en compte 78, le chef du PLC devra répéter ce genre d’exploit jour après jour s’il entend rattraper le retard qui le sépare de ses adversaires.

Après quatre ans d’inactivité, le chef du Bloc québécois est rouillé. Cela était évident dans son intervention laborieuse hier midi. Les phrases-chocs, assez réussies, qu’on lui avait préparées, tombaient à plat. Il doit moderniser son discours vieux jeu et l’adapter à la nouvelle réalité : l’option indépendantiste n’a plus, pour l’avenir prévisible, la cote. Ce qui n’était pas le cas dimanche. Gilles Duceppe affirme qu’il continuera à « pédaler avec Péladeau » au cours des prochains jours. Voilà un camp d’entraînement dont il a grand besoin pour retrouver la forme.

Somme toute, bien petite journée que le jour 1 de la campagne 2015. Elle sera très certainement suivie de plusieurs autres du même genre. De quoi donner des mots de têtes aux commentateurs, analyses et blogueurs de tout acabit…

Publié par

Homme politique à la retraite active, analyste et commentateur, toujours passionné d'affaires publiques, de lecture et de musique. Auteur de DE LA CRISE D'OCTOBRE AU PRINTEMPS ÉRABLE, Québec Amérique 2015

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