PAS DE MOMENT NÉO-BRUNSWICKOIS

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Élection 2018, politique, Québec

Le Québec ne vivra pas demain soir son moment néo-brunswickois. Bien que la chose ait paru possible avant le troisième débat, nous n’entendrons pas Patrice Roy ou Pierre Bruneau annoncer une égalité ou une quasi-égalité en tête entre le PLQ et la CAQ.

Une telle éventualité, plus théorique que pratique, aurait été possible si le PQ avait « performé », comme on dit dans le sport (et la politique constitue, à plusieurs égards, un sport extrême). Un PQ autour de 22-23% qui remporte une vingtaine de sièges en gardant ses acquis au détriment de la CAQ permet, théoriquement, à un PLQ qui « sort son vote » en bénéficiant au maximum de la célèbre « prime à l’urne » de gagner une cinquantaine de comtés et, en étirant la sauce, un peu plus. Cela ne s’est pas produit comme chacun sait. À la suite d’une erreur stratégique monumentale (son chef ayant choisi de jouer au célèbre jeu de Risk contre Manon Massé) le PQ s’est mis à dégringoler dans les sondages. Au profit de Québec Solidaire à Montréal et de la CAQ ailleurs. Son allié objectif implosé, la cause du PLQ était entendue, lui qui ne parvenait toujours pas à rallier les suffrages de plus de 20% des francophones et à faire bouger significativement l’aiguille de ses appuis populaires, tant était fort le désir de changement. Voilà comment, Madame la Marquise, François Legault et la CAQ, malgré une campagne plus qu’ordinaire (et je suis généreux) sortiront vainqueurs de cette épreuve. Et c’en fut toute une…

CAQ 60   PLQ 47   PQ 12   QS 6

Au moment d’écrire ces lignes, les résultats constituent toujours une véritable boîte à surprises, bien que la tendance des derniers jours semble indiquer une victoire de la CAQ. Telle est aussi la prédiction que je risque aujourd’hui.

PLQ 47

Son organisation redoutable et la prime à l’urne qui, élection après élection, lui apporte des votes insoupçonnés, devraient permettre au PLQ de sauver les meubles en surmontant les formidables obstacles que constituaient le désir de changement et la désaffection de l’électorat francophone. Son équipe aguerrie devrait former une opposition puissante. On n’efface pas facilement un parti politique fort de 150 ans d’histoire.

CAQ 60                                                                                                                                      

La faiblesse de l’un constituant la force de l’autre, l’appui de plus de 37% des francophones et le désir de changement compenseront largement une organisation électorale somme toute assez ordinaire pour donner à la CAQ une courte victoire, loin de celle rêvée et annoncée en début de campagne, mais suffisante pour former un gouvernement minoritaire.

PQ 12

La victoire (bien improbable) du PQ aurait été celle de son chef. Sa piètre performance doit aussi lui être attribuée. Si Napoléon lui-même a fini par faire des erreurs, imaginez Jean-François! Reste que ce dernier ne pouvait gagner. Il performait bien et les Libéraux pouvaient espérer un gouvernement minoritaire. En performant mal, il donnait le pouvoir, majoritaire ou pas, à la CAQ. M’est avis que son avenir est derrière lui. Ce parti est impitoyable pour ses chefs, même victorieux.

QS 6

Sans organisation véritable à l’extérieur de Montréal (sauf exception), tablant sur le vote des jeunes (qui sortent peu le jour de l’élection), QS réalisera demain qu’il faut infiniment plus que la performance de la sympathique et vraie Manon Massé et des rêves semés à tout vent pour faire une percée significative.

Savoir se rallier

La CAQ dirigera donc un gouvernement minoritaire d’ici une quinzaine de jours. Ce n’est pas une catastrophe. Pas plus que ne l’aurait été la réélection du PLQ ou l’élection du PQ. Le peuple a choisi. La démocratie a parlé. Il faut respecter le choix d’une pluralité d’entre nous, telles sont les règles démocratiques actuelles.

L’engagement politique, je l’ai écrit ailleurs, est la plus noble des formes d’engagement social parce que la plus difficile et la plus exigeante. Je salue tous ceux et celles qui ont eu le courage de présenter leur candidature à cette élection. Se vendre soi-même, vendre ses idées et celles de son parti politique constitue une épreuve exaltante, mais difficile. Ceux et celles qui s’y soumettent dans l’intérêt de la société méritent notre admiration et notre gratitude.

 

 

 

Publié par

Homme politique à la retraite active, analyste et commentateur, toujours passionné d'affaires publiques, de lecture et de musique. Auteur de DE LA CRISE D'OCTOBRE AU PRINTEMPS ÉRABLE, Québec Amérique 2015

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