FORE! Détournement de parcours à l’ÎDS

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personnel, Verdun

Depuis mon retrait de la politique, il y aura bientôt 6 ans, je ne suis pas intervenu dans les affaires de l’arrondissement. D’abord, parce que je n’aime pas jouer les « belles-mères ». Mon prédécesseur, Georges Bossé s’est gardé de le faire (bien que la conseillère Ginette Marotte s’en soit chargée à maintes reprises…). J’ai choisi de suivre l’exemple de monsieur Bossé. Ensuite parce que Jean-Fran^cois Parenteau, aussi débordé soit-il par ses très nombreuses occupations, accomplit du bon boulot, encore qu’on puisse lui reprocher, ainsi qu’à son équipe, une certaine absence ou, à tout le moins, un manque de visibilité réel à l’Île-des-Sœurs.

Mais ce qui se passe en face de chez moi (j’habite au Vistal 2, face au golf) m’oblige aujourd`hui à dire haut et fort que la transformation de golf public en golf privé opérée en catimini par le mégalomane parvenu qu’est monsieur Pierre Emond ne saurait être tolérée, qu’elle doit être vigoureusement dénoncée et que les tribunaux doivent être invités à intervenir aussi rapidement que la traditionnelle lenteur juridique le leur permet.

Entre temps, avec la prudence qu’exige des autorités publiques le recours judiciaire, le maire Jean-François Parenteau, d’habitude omniprésent sur les médias sociaux, doit faire une déclaration publique, en dehors de la séance mensuelle de son conseil d’arrondissement, rappelant la vision originelle (et actuelle, dans la mesure où celle-ci n`a pas changé) de l’arrondissement et des promoteurs.

La vision de 2006

Quelle était donc la vision de l’arrondissement en 2006 et la mission que se donnait le groupe de jeunes entrepreneurs pour la réaliser? Bien simplement celle-ci : fournir aux citoyens de Verdun d’abord, aux Montréalais et au grand public ensuite, un terrain de golf écologique et public de 9 trous, répondant aux souhaits exprimés depuis des années à la suite de la fermeture de l’ancien golf situé au centre de l`Île. Quatre mots étaient particulièrement importants dans cette vision/mission : écologique, public, Verdun d’abord.

Un golf écologique : situé en plein quartier résidentiel, le nouveau parcours devait répondre aux normes écologiques les plus sévères et les plus modernes, de façon à contribuer à la préservation du Domaine Saint-Paul. Les résidents se rappellent encore (le maire aussi) les milliers de voyages de terre qu’il aura fallu déverser sur le site contaminé. Les promoteurs originaux ont respecté en tous points leurs engagements à ce chapitre.

Un golf public : S’agissant d’un terrain public cédé à une entreprise privée par bail emphytéotique, il tombe sous le sens que la vocation de ce golf ne pouvait être que publique. Il n’a jamais été question d’autre chose ni dans la tête des dirigeants politiques de l’arrondissement ni dans celle des promoteurs de l’époque : ceux-ci allaient créer et gérer un golf public.

Verdun d’abord : L’arrondissement en a fait une clause non négociable : à l’instar de villes comme Longueuil et St-Lambert (pour ne mentionner que celles-là, propriétaires de terrains cédés sous bail emphytéotique), les promoteurs devaient s’engager à avantager les citoyens verdunois d’une quelconque façon. Il fut convenu de réserver une priorité de départ aux détenteurs de la carte Accès Verdun (à l’époque). Cela aurait pu se concrétiser par un rabais, comme la chose se pratique ailleurs.

Des relations difficiles

Voilà près de deux ans que le golf de L’Île-des-Sœurs est fermé. Son propriété unique, monsieur Pierre Émond, pour l’avoir racheté des promoteurs originaux qui, il faut bien l’admettre aujourd’hui, ont fait l’énorme erreur de l’approcher par manque de capital, est en froid avec un peu tout le monde. Il l’était avec moi, il l’est aujourd’hui avec monsieur Parenteau. Certaines des questions qui nous opposaient, notamment celle de l’approvisionnement en eau à partir du fleuve plutôt qu’avec l’eau potable de la Ville, l’oppose encore à l’arrondissement. De nombreuses autres s’y sont ajoutées. Monsieur Émond, dont la belle famille a fait fortune dans le recyclage, adore les batailles juridiques. Cela lui procure une immense sensation de pouvoir, une espèce de coup d’œil sur un monde auquel il n’aurait autrement pas accès. Va donc pour les poursuites judiciaires.

Il n’y a pas que l’eau qui embête monsieur Emond. Le vin aussi! La bataille engagée autour de l’obtention d’un permis d’alcool expliquerait aussi cette longue fermeture. On peut regretter que tout puissant soit-il, monsieur Emond ne puisse changer l’eau en vin…Cela lui aurait évité bien des problèmes. Quoi qu’il en soit, le maître des lieux a perdu son pari et devra se contenter d’un permis de bar-restaurant…comme tout le monde. Difficile à avaler quand on se croit (enfin) parvenu aux portes du Québec Inc.

Changement en catimini

Profitant de la construction de ses installations (boutique du pro, restaurant, terrain de pratique) et de modifications mineures à certaines parties de son terrain, lesquelles se sont étendues sur près de deux ans, monsieur Emond a discrètement, certains diront hypocritement, changé la nature même de la vision et de la mission envisagée par l’arrondissement en transformant le golf de L’Île-des-Sœurs en terrain privé : nouveau nom ( Club Exécutif de Montréal  ), nouvelle vocation (membership privé). Cela est inacceptable, doit être vigoureusement dénoncé et rapidement renversé.

Québec inc. Peut se passer de Pierre Emond

Monsieur Émond peut remballer son ridicule slogan « Le Québec inc. ne sera jamais plus le même ». Le Québec inc, s’il existe encore, peut sans doute se passer de la présence de parvenus du genre de monsieur Émond. Ses membres, souvent issus de nos grandes familles et de nos meilleurs entrepreneurs, ont gagné leurs galons à la régulière. Il faut plus que la transformation en catimini d’un golf public en terrain privé, pour mériter d’y accéder. La spoliation de biens publics n’a jamais été un critère de reconnaissance au sein des leaders économiques et financiers de la société québécoise.

Pour leur part, les citoyens de Verdun n’ont pas à payer pour la mégalomanie débridée de monsieur Emond. Espérons que les plus mordus d’entre eux pourront s’élancer en 2019 sur les tertres de départ du Club de Golf de L’Île-des-Sœurs tel qu’envisagé en 2006 et maintenu durant quelques années

Publié par

Homme politique à la retraite active, analyste et commentateur, toujours passionné d'affaires publiques, de lecture et de musique. Auteur de DE LA CRISE D'OCTOBRE AU PRINTEMPS ÉRABLE, Québec Amérique 2015

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